Le prochain Pape sera-t-il brésilien ?

février 11, 2013

Alors que la plus grande Église chrétienne du monde apprend que son souverain pontife s’apprête à renoncer à sa charge suprême et qu’un conclave sera donc bientôt organisé pour désigner un nouveau successeur de Pierre, la question qui s’était déjà posée en 2005, de savoir si l’Église catholique apostolique romaine placera un jour à sa tête un cardinal "non-européen" refait surface avec plus d’instance que jamais. Rien de plus légitime finalement quand on constate que seulement 23,9% des 1,1 milliards de catholiques dans le monde vivent en Europe. Il est toutefois intéressant de noter que sur les 118 cardinaux du Sacré Collège qui élira en mars le nouveau "vicaire du Christ", 62 (soit une courte majorité, mais une majorité tout de même) sont européens, 20 sont latino-américains, 14 nord-américains, 11 asiatiques, 11 africains et 1 est australien.

Il n’en reste pas moins que le Brésil est aujourd’hui, et depuis de nombreuses années même, le premier pays catholique du monde avec plus de 130 millions de fidèles dénombrés lors du dernier recensement brésilien en 2010. Il n’est donc pas absurde d’imaginer que l’ouverture du siège du Vatican sur le reste du monde débute avec l’élection au pontificat d’un cardinal brésilien. Et ce d’autant plus que le l’Église brésilienne possède actuellement au moins deux sérieux candidats potentiels parmi les 9 cardinaux brésiliens en activité : l’Archevêque d’Aparecida, Raymundo Damasceno Assis et Odilo Scherer, actuel Archevêque de São Paulo.

Raymundo Damasceno Assis est en fonction à Aparecida depuis 2004, c’est notamment lui qui accueillit le Pape Benoît XVI lors de sa visite dans sa ville en 2007. Depuis 2011, il dirige la très influente CNBB, la Conférence Nationale des Evêques Brésiliens, une institution qui a longtemps été tiraillée entre l’"Église des pauvres" prônée par la théologie de la libération, notamment durant les années 1970-1980, et une ligne plus conservatrice qui semble avoir repris les rennes ces dernières années. Il a également eu de nombreuses responsabilités au sein du CELAM, le Conseil Episcopal Latino-américain. Bien qu’il ait déclaré, dans la foulée de l’annonce de Benoît XVI, que "la nationalité du prochain Pape n’importerait guère", son rôle et son influence sur le catholicisme latino-américain pourraient faire de le lui un candidat d’ouverture sérieux. L’Archevêque Odilo Scherer présente un profil relativement similaire, mais il est bien plus jeune (63 ans) que son homologue, ce qui compte-tenu des circonstances pourrait jouer en sa faveur. Il dirige, depuis 2007, l’archevêché  de São Paulo qui n’est autre que le troisième plus grand archevêché catholique du monde. Il a lui aussi présidé la CNBB entre 2003 et 2007. Trois autres cardinaux brésiliens seraient par ailleurs potentiellement éligibles : Claudio Humnes, João Braz de Aviz et Geraldo Majella.

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Bien évidemment, ce ne sont là que des suppositions sans véritable fondement (ce que sont d’ailleurs toujours ce genre de spéculations dont sont devenus friands les bookmakers). Toutefois, ces hypothèses sont loin d’être absurdes quand on sait tout l’enjeu que représente le Brésil pour l’Église romaine. Il suffit pour cela de rappeler que les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) – lancées en 1984 par Jean-Paul II et considérées comme l’un des principaux évènement planétaires du christianisme, mais surtout comme le symbole de l’avenir de l’Église catholique (et dont le Vatican tout de suite fait savoir qu’elles seraient bien maintenues malgré les évènements) – auront lieu cette année à Rio de Janeiro. Car même si beaucoup a été dit (et notamment sur ce blog) sur la difficulté du catholicisme brésilien à faire face à l’essor des églises évangéliques notamment, force est de constater que l’Eglise catholique brésilienne est en passe de réussir son pari : reconquérir la jeunesse et les déçus du catholicisme traditionnel. Comment ? En laissant le champ libre au "Renouveau Charismatique Catholique". Avec ses prêtres-rock-stars, sa liturgie à la pointe de la technologie et un savant mélange de souplesse en matière d’ascétisme et d’intransigeance en ce qui concerne les moeurs et la morale;  ce courant né dans les années 1970 est entrain de prendre une ampleur considérable au Brésil (on estime que 25% des catholiques du pays sont sympathisants).

Ce catholicisme brésilien, plus "en phase" avec son temps, ne constitue-t-il donc pas in fine l’avenir d’une Église mondiale déterminée à poursuivre son ministère et à jouer un rôle de premier plan dans ce XXIème siècle? Car si l’Eglise fête actuellement le cinquantenaire du concile Vatican II, lors duquel elle avait fait le choix de passer de la "méfiance" envers le monde moderne à l’ouverture et à la solidarité avec les "hommes de ce temps" (Gaudium et Spes), force est de constater que l’aggiornamento de Vatican II reste aujourd’hui relativement inachevé. L’élection d’un Pape brésilien en mars prochain constituerait peut-être le symbole le plus fort de cette ouverture et de cette "mise à jour" de l’Église millénaire, dont semble dépendre en grande partie son avenir.

Un Brésil ancré dans sa Foi

juin 29, 2012

Les spécialistes du fait religieux au Brésil les attendaient avec grande impatience, les résultats du dernier recensement ("censo") au Brésil – où contrairement à la France, on interroge les gens sur leur affiliation religieuse – viennent de tomber. Ils confirment une tendance et un constat bien connus des sociologues de la région : Au Brésil, les religions sont en mouvement.

Ces résultats confirment d’abord l’inexorable déclin du catholicisme, ce qui est d’autant plus inquiétant pour le Vatican que le Brésil reste malgré tout aujourd’hui le premier pays catholique au monde (123 millions de fidèles). Car si en 1980, 89% des brésiliens se revendiquaient encore de l’Église romaine, ils ne représentent aujourd’hui plus que 64,92% de la population. En l’espace de trois décennies, le catholicisme a perdu un quart de la population brésilienne.

Document compilé par l’auteur sur la base de données IBGE

Mais contrairement à ce que beaucoup d’analystes, notamment européens, prévoyaient il y a peu encore, cette perte de vitesse ne se fait pas au profit de l’incroyance et de l’athéisme. Si les "Sans-religion" (qui ne revendiquent pas d’affiliation particulière, mais n’en sont pas moins pour la plupart "crentes", croyants) augmentent légèrement passant de 7,3% à 8,0% de la population, les athées et les agnostiques eux restent marginaux (0,4%), confirmant bien que "Dieu est brésilien" comme l’affirme un dicton populaire.

Dans un pays comme le Brésil où la diversité et le pluralisme religieux sont extrêmes, ce sont en fait une foule d’autres mouvements qui progressent actuellement et bénéficient de l’étiolement du catholicisme, autant qu’ils y contribuent de par leur nature prosélyte. Au premier rang de ces mouvements encore minoritaires, les pentecôtistes évangéliques, qui représentent maintenant 60% des 42 millions de protestants-évangéliques du pays. Alors qu’ils ne formaient que 6,6% de la population en 1980, les évangéliques dans toute leur diversité représentent aujourd’hui, d’après ce dernier sondage, 22,2% de la population, ayant gagné plus de 16 millions de fidèles ces dix dernières années. Il faut également souligner la progression d’autres mouvements chrétiens tels les Mormons (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours), mais surtout les Adventistes du Septième Jour (1,5 millions de membres) et les Témoins de Jéhovah (1,4 millions).

Si la croissance évangélique est un phénomène bien connu au Brésil, il est aussi intéressant de noter la forte progression du Spiritisme-Kardéciste,  implanté au Brésil à la fin du XIXème siècle et qui s’inspire des écrits du français Allan Kardec, dont la postérité spirituelle est aujourd’hui bien plus grande outre-Atlantique que dans sa terre d’origine. Fondé, entre autres, sur le principe de charité et sur la croyance dans le dialogue et l’interaction avec l’au-delà, le Spiritisme-Kardéciste, qui au Brésil se revendique comme étant proche et lié au christianisme, compte aujourd’hui près de 4 millions d’adeptes (2,02% de la population) principalement localisés dans la riche région du sud-est, au sein de populations plutôt aisées et bien formées.

Notons également la faible part des religions afro-brésiliennes (principalement le Candomblé et l’Umbanda) avec à peine plus d’un demi million de fidèle, qui semble une fois encore très largement sous-estimée par le recensement. Des associations avaient pourtant mené une campagne médiatique pour inciter les gens à ne pas "avoir honte de revendiquer leur affiliation" devant les sondeurs. Un pas encore difficile à franchir pour des religions qui sont encore régulièrement taxées de "satanisme" ou de "sorcellerie".

Enfin, pour faire écho à notre billet précédent, les religions orientales comme l’Islam, le Bouddhisme, l’Hindouisme ou le Judaïsme ne connaissent pas le boom que certains médias avaient prophétisé de façon excessive, représentant à elles quatre moins de 400.000 personnes (0,2%). On est donc encore bien loin d’un Brésil islamique…

Au Brésil, si la Religion est parfois comparée à un grand marché où les affiliations fluctuent et changent au gré du temps et des modes, un élément frappe malgré tout par sa constance : Alors que le pays s’enrichit, s’ouvre sur le monde et se "modernise", le peuple brésilien n’en reste pas moins un peuple ancré dans sa foi. Surprenant pour ceux qui pensaient que la modernité aboutirait inéluctablement sur la "sortie de la religion". Alors oui, effectivement, Dieu est peut-être brésilien…

L’Islam au Brésil, quel avenir ?

juin 7, 2012

Depuis quelques années l’expansion de l’Islam à travers le monde intrigue. Mais qu’en est-il au Brésil, dans ce pays où l’effervescence
et le pluralisme religieux sont de mise ? Peut-on imaginer qu’à l’image des minorités évangéliques – qui en l’espace d’un demi-siècle sont passées d’1% à plus de 20% de la population – les musulmans pourraient bientôt constituer une importante minorité religieuse dans ce qui reste le premier pays catholique au monde ?

Quelle présence au Brésil ?

Implanté au Brésil à la fin du XIXème siècle par des communautés de migrants syro-libanais dans la région de São Paulo, le développement de l’Islam reste avant tout lié aux mouvements migratoires et à la croissance démographiques de ces populations pour la plupart issues du moyen-orient ou du maghreb. Si les conversions existent et ont même connu une certaine médiatisation au début des années 2000 – à la suite du 11 septembre 2001 – dans les favelas de grandes métropoles, elles restent aujourd’hui un épiphénomène dont il ne faut pas exagérer l’ampleur.

Le recensement de 2000 ne dénombrait ainsi "que" 27.239 musulmans (16.000 hommes pour 11.000 femmes) soit moins de 0,016% de la population et à peine 5.000 fidèles de plus qu’en 1991, soit une moyenne annuelle de 500 fidèles supplémentaires qui correspondraient vraisemblablement davantage à la natalité qu’à des conversions. Certaines entités musulmanes vont jusqu’à parler d’1,5 millions de fidèles, ce qui semble très largement exagéré comme le montre le nombre de mosquées, qui ne dépasserait pas la centaine. Il faut toutefois admettre que les recensements nationaux ont souvent tendance à sous-estimer la population des minorités religieuses (qui n’osent souvent pas admettre leur affiliation réelle devant les censeurs). Au final, on peut probablement se fier à l’estimation de la spécialiste Vitória Peres de Oliveira qui estime le nombre de musulmans au Brésil à environ 200.000. On sait par ailleurs que 40% environ de la population musulmane se situe dans la région de São Paulo. On compte aussi de nombreux musulmans dans la région controversée de la "Triple Frontière" à l’intersection du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay.

Une présence numérique et physique encore très faible donc et qui ne fait du coup l’objet d’aucune reconnaissance publique de la part des hommes politiques et de peu d’études académiques. Néanmoins, la communauté musulmane est bien présente sur internet et mobilise de plus en plus les moyens de communications pour gagner en visibilité (http://www.fambras.org.br/). Il est aussi intéressant de noter que le Brésil est entrain de se positionner comme l’un des principaux exportateur de viande halal dans le monde, renforçant ainsi ses liens commerciaux avec le monde arabo-musulman.

Quel avenir  pour l’Islam au Brésil ? 

Au sein d’un "marché religieux" particulièrement dense et concurrentiel, l’Islam parviendra-t-il à se faire une place ?

Feres Fares, l’un des grands diffuseurs de l’Islam au Brésil reste particulièrement optimiste. D’après lui, en l’espace de huit ans, le nombre de locaux à prières aurait été multiplié par quatre, passant de 32 en 2000, à 127 en 2008, et ce, dans l’ensemble du pays jusqu’en Amazonie. Culturel et limité aux populations d’origines arabe, Fares assure par ailleurs que l’Islam se répand de plus en plus auprès d’afro-brésiliens et de jeunes adeptes du mouvements hip-hop en quête d’identité, de rigueur et de "certitudes".

Objet médiatique éphémère ou véritable phénomène religieux émergent ? L’Islam et son avenir restent encore un mystère dans ce qui reste le plus grand pays chrétien de l’hémisphère sud.

Eliott Mourier

Le sommet Rio+20 au secours d’une Amazonie en péril ?

juin 4, 2012

A quelques jours de la tenue de la conférence des Nations Unies Rio+20 sur le Développement durable (20-22 juin), je vous propose la lecture d’un article que j’ai rédigé pour le site d’information Atlantico.

Sous fond de tensions entre le lobby environnementaliste et celui de l’agro-industrie, le Brésil doit jongler entre son souci de faire bonne figure sur le plan écologique et son processus inéluctable de développement économique.

La suite ici…

Les défis du Troisième Secteur

mai 16, 2012

Si l’on connait bien le "premier" secteur – le secteur public-, tout comme le "deuxième" secteur – le secteur privé à but lucratif-, on connait beaucoup moins le "troisième" secteur, qui regroupe lui l’ensemble des entités à but non-lucratif et qui constituent pourtant en Europe comme au Brésil un part tout à fait considérable de l’Économie.

Au Brésil, ce troisième secteur, principalement composé d’associations, de fondations, d’ONG et d’une foule d’autres entités à vocation principalement humanitaire et sociale, compte pas moins de 500.000 organisations enregistrées, lesquelles emploient plus de 2,9 millions de brésiliens (6,7% du marché du travail). Hôpitaux Philanthropiques, Écoles, Crèches, Soupes Populaires, Centres de Formation Professionnelle, de Recherche d’Emploi, ou encore de Traitement de la Dépendance pour les Toxicomanes, tous les domaines de la vie sociale et économique des brésiliens sont investis par ces entités à but non-lucratif.

Dans un pays comme le Brésil où les services publics ne sont souvent pas à la hauteur ou tout simplement inaccessibles à certaines populations reculées (Amazonie) ou marginalisées (habitants de favelas); et où l’offre de service privée est le plus souvent inaccessible aux plus démunis; l’oeuvre réalisée par ces organisations volontaires et leurs bénévoles est perçue comme indispensable.

Une enquête IBOPE de 2011 montre que 25% des brésiliens déclarent être ou avoir été dans le passé "volontaire" dans l’une de ces organisations du troisième secteur. Autrefois plutôt le fait des classes aisées et éduquées, le volontariat tend à se démocratiser ces dernières années. L’étude montre aussi que 49% des volontaires le sont dans des institutions "religieuses", ce qui montre à la fois la nature très "confessionnelle" du troisième secteur brésilien et la prégnance des motivations religieuses aux yeux des bénévoles. Les orphelinats et abris pour adolescents du système public sont ainsi par exemple gérés pour 70% d’entre eux, par des structures confessionnelles (IPEA).

Mais il est bien loin le temps où le Brésil constituait l’une des principales destinations de la générosité de donateurs du Nord, et aujourd’hui, nombre de ces organisations font face à de sérieux problèmes de financement. De plus, les Brésiliens, pourtant réputés pour leur main sur le coeur, ne sont pas très coutumiers des dons aux organismes volontaires (il faut dire que les incitations de l’Etat sont minimes de ce point de vue). Certaines parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu en obtenant des partenariats avec les pouvoirs publics. Particulièrement contraignants, puisque les organisations volontaires doivent dès lors se conformer à un cadre technique et légal particulièrement complexe (qui implique des rénovations de bâtiments, l’embauche de professionnels etc.), ces partenariats ne constituent pourtant pas toujours le remède financier espéré. La participation des pouvoirs publics étant souvent, au final, moindre que promise et presque systématiquement sujette à des retards très préjudiciables pour ces organismes. Les volontaires n’ayant alors plus d’autres options que de mettre la main à la poche ou bien la clé sous le paillasson.

Si l’Etat brésilien reconnait l’importance et la nécessité de l’oeuvre du troisième secteur, il reste réticent à l’idée de le financer, du fait d’un certain climat de suspicion engendré par quelques scandales d’ONG fantoches ayant détourné, encore tout récemment, des millions de réals des caisses publiques. Mais si la "Filoutropie" est une réalité, elle ne doit pas être confondue avec le vaste univers  de la "Philanthropie" et du volontariat, une force à promouvoir et sans laquelle le Brésil ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui.

Maintenant, c’est Dilma !

avril 5, 2012

On attendait ces jours-ci les résultats de la dernière enquête d’opinion concernant la popularité de la Présidente Dilma Rousseff, après un peu moins d’un an et demi au pouvoir de la 6ème puissance mondiale. Force est de constater qu’avec 77% d’opinions favorables, la présidente brésilienne n’en finit plus de gagner le cœur  des brésiliens et de faire oublier son prédécesseur et mentor, Lula, tout juste remis de son cancer et qui vient d’annoncer son retour en politique.

Cette enquête CNI/Ibope conduite mi-mars affiche une progression de +5 points et place Dilma dans une position particulièrement confortable. En effet, comme nous l’expliquions dans un billet précédent, la politique d’intolérance à la corruption conduite par la présidente et qui a coûté la tête de 7 de ses ministres en l’espace de 6 mois, a selon toute vraisemblance était plébiscitée par la population. En effet, celle-ci loin de voir dans ces évènements la preuve d’un gouvernement corrompu, a préféré y voir une présidente à la main de fer, intègre et fidèle à sa réputation de gestionnaire efficace.

Mais cette popularité n’est pas seulement due à sa lutte contre la corruption. En effet, le ralentissement de l’économie brésilienne constaté ces derniers mois laissait présager une baisse des opinions favorables, mais il n’en est rien. Pourquoi ? Certainement du fait de la capacité de Dilma a proposer des mesures "choc",  comme l’injection de près de 50 milliards de réals (plus de 20 milliards d’euros), proposée il y a quelques jours par le gouvernement pour dynamiser une industrie brésilienne en berne. Un interventionnisme dont Dilma a su faire bon usage et qui semble aujourd’hui faire l’unanimité.

Mais si Dilma est plébiscitée pour son action économique, dans la luttre contre la pauvreté ou pour l’emploi, elle l’est beaucoup moins concernant la santé publique, l’insécurité ou l’imposition, ce qui invalide l’hypothèse de certains analystes selon laquelle cette popularité donnerait à la présidente davantage de "pouvoir d’imposition". Dilma reste attendue sur ces thématiques qui préoccupent les brésiliens, tout comme sur le bon déroulement de la Coupe du Monde 2014 qui aura lieu quelques mois avant les prochaines présidentielles.

Il n’en reste pas moins qu’avec 77% d’opinions favorables, Dilma apparaît de plus en plus comme une sérieuse candidate à sa propre réélection en 2014, quand tout le monde s’accordait à dire, au début de son mandat, qu’elle n’assurerait qu’une intérim avant le retour triomphal de Lula quatre ans plus tard. Si sa popularité se maintient comme c’est le cas depuis un an et demi maintenant, cette affiche de campagne montrant Dilma aux côtés de Lula aura vu juste : "Agora é Dilma" ! (Maintenant, c’est Dilma !).

La "Coupe" est pleine…

mars 29, 2012

Après des mois d’âpres négociations, la chambre des députés a adopté mercredi 28 mars la Lei Geral da Copa (loi générale de la Coupe). Un texte censé réglementer le déroulement de la Coupe du Monde de football qui aura lieu au Brésil en 2014, 64 ans après la première édition sur le sol brésilien en 1950, qui avait vu le Brésil perdre en finale dans son stade mythique, le Maracanã, contre le petit voisin uruguayen. Une défaite qui reste l’un des plus grands traumatismes populaire de la nation auriverde. On comprend donc, au-delà des retombées économiques, tout l’importance et la symbolique que revêt le prochain Mondial pour le Brésil.

De son côté, La FIFA, instance suprême du football mondial et dont la puissance financière et politique est souvent comparée à celle de véritables États-nations, pressait donc depuis plusieurs mois le Brésil de voter ce texte, qui doit, entre autre, mettre en place une série de mesures d’exceptions (comme rendre férié les jours de match de la selection brésilienne ou réserver des places pour les classes populaires) tout au long de l’évènement planétaire. Parmi ces mesures, la vente de boissons alcoolisées dans les stades a particulièrement animé les débats parlementaires. Interdite au Brésil depuis 2003, elle est exigée par la FIFA, soucieuse de maintenir son juteux contrat avec la multinationale Anheuser-Busch, le fabriquant de la bière Budweiser et l’un des principaux sponsors de la compétition.

Lorsque l’on sait que le Brésil est l’un des pays où la mortalité autour des stades est la plus grande (42 décès de supporters entre 1999 et 2009), on comprend vite pourquoi les négociations ont été ardues. Les segments les plus conservateurs du congrès, et notamment la Bancada evangélica, sont en effet montés au créneau pour modifier cette clause, mais sans succès.

Le Brésil reste ainsi on le voit, en position de faiblesse face à l’instance sportive. Avec des retards dans la construction des stades (notamment dus à de nombreuses grèves d’ouvriers), ou dans l’amplification des structures aéroportuaires (le texte prévoit d’ailleurs de mettre à disposition les aéroports militaires si la capacité des structures civiles est dépassée), le pays n’est pas vraiment en mesure d’imposer ses vues. Comme l’affirme avec un certain agacement Julio Grondona, le vice-président de la FIFA, le Brésil ne fait "qu’accueillir" la Coupe.

La ratification de cette Loi générale de la Coupe, trois jours après le décès le Week-End dernier à São Paulo de deux supporters, à la suite d’affrontements entre torcidas (groupes de supporters) du Corinthians et du Palmeiras, ne fait que confirmer ses dires…

Père Marcelo Rossi, "rock-star" chrétienne et symbole du renouveau catholique au Brésil

février 2, 2012

Chers lecteurs,

Je vous propose cette semaine d’innover un peu. Contacté par un journaliste du Monde pour contribuer à un article (paru dans le supplément "Géo & Politique" des 18 et 19 décembre 2011) sur ce personnage hors-normes qu’est le Père Marcelo Rossi, j’ai eu l’occasion de répondre à un long questionnaire, dont l’article ne reprend bien sûr que très peu d’éléments. Je trouvais dommage de ne pas en faire profiter tout le monde. Je vous propose donc, en guise de billet, l’intégralité de cet entretien pour vous permettre de découvrir cette figure, symbole d’un Brésil où la religion fait preuve d’autant de dynamisme que d’originalité.

Bonne lecture.

E.M.

Comment le qualifier, selon vous ?

Au Brésil, Padre Marcelo Rossi est une véritable “rock star” religieuse. Ce prêtre catholique de 44 ans, ancien professeur d’éducation physique, est devenu en une dizaine d’année un véritable phénomène populaire dans un Brésil qui reste, rappelons-le, le premier pays catholique au monde avec environ 130 millions de fidèles. Cet homme d’église, chanteur-écrivain à succès, a ainsi vendu près de 12 millions d’albums et son dernier livre, Agape, est en tête de ventes depuis plus d’un an maintenant.

 

Dans quelle tradition s’inscrit-il ? quels sont et seraient ses pères brésiliens ?

Bien sûr, cette double casquette d’ecclésiastique et de chanteur gospel peut surprendre, surtout dans l’Église catholique. Mais il faut préciser que le Père Marcelo Rossi s’inscrit dans le courant du “renouveau charismatique” catholique (Renovação Carismática Católica en portugais). Un courant apparu aux Etats-Unis à la suite du concile Vatican II dans les années 1960, et qui se développa à partir des années 1970 au Brésil, formant de fait une sorte de contrepoids à l’émergence fulgurante du pentecôtisme qui venait sérieusement concurrencer un monopole catholique, jusqu’alors relativement bien préservé. Au sein de l’Église catholique, le courant charismatique, vraisemblablement né à Campinas dans la banlieue de São Paulo avec deux figures emblématiques, les Pères Haroldo Joseph Rham et Eduardo Dougherty, met ainsi davantage l’accent sur les manifestations du Saint-Esprit, la possession de dons spirituels (comme le don des langues – glossolalie – ou de guérison) et la participation active des fidèles au culte, notamment à travers des chants et de la danse particulièrement rythmés. Une liturgie qui tranche fortement avec le cérémoniel traditionnel recommandé par le Vatican, mais qui semble mieux correspondre à la culture multiethnique du Brésil. C’est à ce titre qu’on qualifie parfois le mouvement charismatique catholique de « pentecôtisation » du catholicisme.

Politiquement, s’il fallait lui donner une couleur ou une orientation, où peut-on le situer ?

C’est une des particularités des paysage politique brésilien, dans ce pays, l’Eglise catholique est, depuis le durcissement de la dictature (1964-1985) et le progressif retour à la démocratie, historiquement plus proche de la gauche et notamment du Parti des Travailleurs (PT) actuellement au pouvoir. Le PT s’est ainsi largement appuyé lors de sa création et de son développement sur l’aile progressiste du catholicisme brésilien, qui dans l’esprit de la théologie de la libération, avait privilégié « l’option pour les pauvres », en créant notamment de nombreuses et très populaires « pastorales sociales ». Pastorales dont de nombreux dirigeants du PT étaient et sont aujourd’hui issus. Mais cette proximité n’a pas empêché la Conférence Nationale des Évêque Brésiliens, la très influente CNBB, d’exprimer son mécontentement lorsque les gouvernements de Lula ou de Dilma Rousseff ont laissé sous-entendre qu’ils pourraient légiférer sur des questions morales sensibles comme l’avortement ou le mariage homosexuel.

 

Des milliers de fidèles assistent à ses messes, une méga église de 100 000 places est en construction à São Paulo, ses livres se vendent plus que ceux de Paulo Coelho : comment expliquez-vous un tel succès ?

 Pour comprendre l’ampleur de ces phénomènes (car le Père Marcelo n’est pas au Brésil une exception, loin de là) et leur immense popularité il faut les replacer dans leur contexte. Le Brésil, même s’il a connu une très forte croissante économique ces dix dernières années, permettant à plus de 30 millions de brésiliens de sortir de la pauvreté pour accéder à la consommation, n’a pas pour autant perdu sa religiosité si caractéristique. Et si en Europe l’amélioration des conditions de vie s’est souvent traduite par une déchristianisation de sa population, le Brésil lui empreinte une voie bien différente. Ainsi en 2007 une enquête Datafolha montrait que 97% des brésiliens affirment croire en Dieu et que 90% d’entre eux assistent régulièrement à leurs services religieux. La religiosité (en tant qu’identité, activité et pratique religieuses) imprègne toujours autant la vie quotidienne des brésiliens, et cela, semble-t-il, indépendamment de l’amélioration de leur condition économique.

Mais au-delà de ce contexte culturellement et religieusement favorable à l’émergence de ces figures religieuses populaires, la capacité des mouvements religieux brésiliens à se moderniser, notamment avec l’utilisation des nouvelles technologies et des moyens de communications, leur a permis de « rester dans le coup » d’une certaine manière, notamment auprès des jeunes pour lesquels ces églises ont su adapter leur fonctionnement.

A bien des égards, le Père Marcelo Rossi symbolise cette nouvelle sphère religieuse, toujours attachée à des valeurs traditionnelles qu’elle continue de défendre, mais capable de se moderniser, d’ offrir, pour reprendre la métaphore du « marché religieux », une « offre » adaptée à sa « clientèle ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci semble très réceptive à ce genre d’offre.

 

Les dernières études révèlent au Brésil une grande mobilité entre les différentes églises et chapelles : l’avenir de l’église catholique brésilienne passe-t-elle par un « modèle » Padre Marcelo ?

 Cette « mobilité » religieuse a deux composantes. D’une part les conversions, où un individu décide de s’affilier à une nouvelle entité religieuse, renonçant ainsi à son affiliation (ou à son absence d’affiliation) passée. La moitié des brésiliens pentecôtistes sont ainsi des convertis, principalement des déçus du catholicisme traditionnel. Et d’autre part, le phénomène assez répandu au Brésil de « multiaffiliation » religieuse. Ainsi, 17% des brésiliens affirment assister fréquemment aux services religieux de plus d’une confession. Le catholicisme est particulièrement touché par ces deux tendances de fond.

Les méthodes originales employées par le Père Marcelo et plus largement par le renouveau charismatique sont peut-être de nature à ralentir la « décatholicisation » du pays (il y avait 90% de catholiques en 1980, ils ne seraient plus que 68% en 2009), mais c’est évidemment très difficile à évaluer.

Couverture du livre à succès "Ágape" de Pe Marcelo Rossi

Des livres, des CDs musicaux, des films, mais pas de chaîne de télévision… qu’en dites-vous ?

Le recours au médias de masse est un enjeux d’une extrême importance pour les Églises brésiliennes. Plusieurs d’entre-elles sont même parvenues à obtenir leurs propres chaines de télévision. L’exemple le plus flagrant est celui de l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu, souvent qualifié à raison de « multinationale du religieux ». Cette église néopentecôtiste fondée en 1977 et qui pourrait compter jusqu’à 8 millions d’adeptes, est ainsi propriétaire du deuxième groupe télévisé du pays, TV Record.

L’Eglise catholique, qui dispose depuis bien longtemps de programmes nationaux sur des grandes chaînes, a là aussi pris de retard sur ses « concurrentes » évangéliques. Mais un retard que le renouveau charismatique, notamment à travers son courant « Canção Nova »,  est entrain de combler.

 

Quel avenir pour ce « phénomène »  du mouvement charismatique au Brésil en général ?

Le renouveau charismatique a clairement, tout comme ses homologues pentecôtistes, une vocation prosélyte, dont le dynamisme semble annoncer un futur plutôt radieux. Une mission évangélisatrice particulièrement populaire auprès des jeunes. Le mouvement développe en effet de nombreux programmes sociaux à destination des adolescents et des jeunes adultes (centres de désintoxication, programmes de réinsertion sociale pour jeunes délinquants etc.) qui renforcent sa présence auprès des cette population hautement stratégique.

Mais l’avenir du mouvement charismatique dépend également de l’évolution future de son rapport avec l’Eglise centrale et notamment le Vatican. Car si le Pape Benoît XVI a multiplié les gestes en direction de ce courant, en donnant notamment au Padre Marcelo Rossi en 2009 le Prix Van Thuan – Solidarité et Développement du Conseil Pontifical Justice et Paix, il n’en reste pas moins que le Saint-Siège considère aujourd’hui avec une certaine méfiance cette « pentecôtisation » du catholicisme.

 

Eliott Mourier

L’épidémie brésilienne du "Crack"

janvier 19, 2012

Le Brésil fait aujourd’hui face à une épidémie, non pas la grippe aviaire ou autres virus H1N1, mais un fléau peut-être plus ravageur  encore, celui du "Crack", cette drogue hautement addictive et très bon marché qui a littéralement envahi le pays depuis une dizaine d’année. Face à cette plaie, qui touche l’ensemble des couches de la population, les pouvoirs publics ont longtemps préféré fermer les yeux sur ce qui apparaissait pourtant comme un enjeu majeur de santé publique. Symbole de cette épidémie incontrôlée, la tristement célèbre "Cracolândia", un quartier désaffecté du vieux centre de São Paulo, envahit par des dizaines de toxicomanes qui vivent, dorment, achètent et vendent de la drogue dans l’impunité la plus totale, et où il n’est pas rare de retrouver des corps inanimés. Au Brésil, certains évaluent à 2 millions de personnes, soit 1% de la population, le nombre de dépendants aux drogues illicites.

Perquisitions de Crack (en Kilos) par la brigade des stupéfiants et par la Police Fédérale – 2006/2009

Alors que le crack continuait à faire des ravages, les hautes sphères de l’Etat brésilien, et notamment les ministères de la Santé et de l’Assistance Sociale se sont longtemps renvoyé la balle, incapables de proposer une véritable politique coordonnée et efficace de traitement du problème. L’absence de réponse de l’Etat a ainsi, comme souvent au Brésil, poussé la société civile à s’organiser spontanément pour tenter d’enrayer l’épidémie, qui au niveau local a des effets dévastateurs (augmentation de la criminalité, retour du narcotrafic, échec scolaire, surpopulation carcérale…).

Alors que les services de Santé publique ne semblaient pas prendre au sérieux ce fléau, ce sont les Eglises, notamment Pentecôtistes et Catholiques "Charistmatiques" (particulièrement populaires auprès des jeunes) qui ont pris les devant. En l’espace d’une dizaine d’année et avec le soutien de milliers de fidèles-volontaires, ces Eglises ont créé dans tout le pays des centaines de Communautés Thérapeutiques, comme les célèbres Fermes de l’Espérance, dont les résultats sont, il faut bien l’avouer, assez probants. D’autant que ces centres religieux n’ont pas pour seul objectif la désintoxication, mais également l’équilibre émotionnel-spirituel et la réinsertion professionnelle des participants. Les professionnels de la Santé, conscient de s’être fait "volé la vedette" dans la lutte contre l’épidémie de crack, accusent ces mouvements de "remplacer le crack par une autre drogue, celle de la foi", et tentent par tous les moyens d’interdire leur prolifération. Il n’en reste pas moins pas des études ont montré que ces entités confessionnelles volontaires réussissaient dans près de 90% des cas et ce à un coût bien moindre que les services de Santé public.

Le Député Fédéral de l’Etat de l’Alagoas, Givaldo Carimbão, prêcheur charismatique (dont l’Eglise-mobile attire des foules immenses chaque Week End) et vice-président du Front Parlementaire contre le Crack à la chambre des députés de Brasilia, qui va d’Etat en Etat convaincre les gouverneurs de collaborer avec ces organisations religieuses, développe l’argumentaire suivant :

"Une prison de 500 personnes coûte plus de 15 millions de R$ chaque année à l’Etat. 90% des détenus le sont pour des raisons liées à la drogue et chacun coûte environ 2.500 R$ mensuel à l’Etat. Avec 500 R$ par mois (cinq fois moins donc), les Communautés Thérapeutiques vous transforment radicalement ces gens en bons citoyens, en 8 à 9 mois avec un taux de réussite à 90%. Comment pensez-vous donc que le gouvernement doit lutter contre cette épidémie ?". Plutôt convainquant.

Si l’action des Eglises et de la Société civile brésilienne se développe dans la lutte contre le fléau de la drogue, les pouvoirs publics depuis quelques mois semblent se décider à réagir pour reprendre les choses en main. Un Plan National de lutte contre le Crack a été mis en œuvre et prévoit notamment de libérer 500 millions de réais pour le seul Etat de São Paulo d’ici à 2014. Par ailleurs ces dernières semaines, la Police Militaire a pris le contrôle de la cracôlandia en procédant à de nombreuses arrestation musclées, qui n’ont pas manqué de choquer les organisations de la Société Civile et des Droits de l’Homme. La dernière opération en date baptisée "Sufoco", réalisée le 12 janvier dernier, a conduit à plus de 3.400 interpellations.

Parallèlement, le débat sur l’éventuelle légalisation de la drogue au Brésil fait beaucoup de remous. Certains, comme l’ancien Président Fernando Henrique Cardoso, considèrent qu’autoriser la détention de petites quantités de stupéfiants pourraient réduire l’escalade de violence. L’argent investi dans la répression pourrait être investi ailleurs de manière plus efficiente. D’autres, avec à leur tête les organisations religieuses, considèrent que la dépénalisation faciliteraient encore davantage l’accès à cette drogue et rendrait le fléau totalement incontrôlable.

En tout cas, il semble clair pour beaucoup et d’autres expériences à l’étranger l’ont montré, que ce n’est qu’en mutualisant, et non pas en opposant, les efforts des forces en présence que des progrès rééls pourront être accomplis.

Le temps presse car l’épidémie progresse.

Eliott Mourier

Bonus : Pour les lusophones, je recommande l’écoute de ce poignant témoignage d’un ancien toxicomane de la cracôlandia : http://radio.estadao.com.br/audios/audio.php?idGuidSelect=BD1456B567A0481496C131AF4FF3E97C

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janvier 2, 2012

Feliz Ano Novo 2012 à tous nos lecteurs !

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Comme il est de coutume dans les médias en fin d’année, je vous propose un classement des billets les plus consultés du blog. Une occasion pour vous de revenir sur les principaux points de l’actualité brésilienne de 2011.

Les Billets ActuBrésil les plus consultés en 2011 :

Je vous souhaite à tous, encore une fois, une excellente année 2012 sur ActuBrésil, en vous remerciant chaleureusement de votre fidélité !

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Eliott Mourier


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