Brasilia, capitale du futur


Brasilia est aujourd’hui considérée comme la plus récente des capitales modernes. Inaugurée par le Président Juscelino Kubitschek, le 21 avril 1960 soit les mêmes jour et mois que la Rome antique, elle est ainsi devenue après Salvador et Rio la nouvelle capitale de l’Etat Brésilien.

Sortie de terre en un temps record (en moins de 4 ans), Brasilia a volontairement été créée au centre du pays afin d’attirer la population et l’activité économique qui, au Brésil, sont très majoritairement concentrées sur les régions côtières. De ce point de vue, le projet a été un succès. En effet, lors de la construction, des milliers de brésiliens venus des quatre coins du pays (on les appela les candangos), mais surtout des régions du Nord et Nord-Est, plus pauvres, vinrent se proposer comme main d’œuvre et s’installèrent avec leurs familles dans la périphérie créant ainsi des « villes-satellites » parfois de façon assez anarchique. L’agglomération de Brasilia compte ainsi, cinquante ans plus tard, environ 2,5 millions d’habitants, ce qui en fait la 4ème ville la plus peuplées du pays. C’est également l’une des villes les plus riche, avec en 2010, le 2ème PIB par habitant des villes Brésiliennes (environ 25.400 US$, un niveau équivalent à celui du Portugal), même si l’industrie est quasi absente (car très limitée par la loi) de cette région presque uniquement dédiée aux services.

On y retrouve l’ensemble des institutions politiques du pays (Sénat, Chambre des Députés, Ministères, Présidence de la République etc…) qui ont intelligemment été regroupées à proximité de l’Esplanada au centre ville, le tout dans une architecture des plus originales pensée par le célèbre architecte brésilien, Oscar Niemeyer, qui valu à Brasilia d’être inscrite en 1987 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. De fait, le plan urbain tout entier fut conçu de manière originale, sous la forme d’un oiseau (ou d’un avion, au choix) déployant ses ailes.

L’autre grand architecte et concepteur de Brasilia, Lúcio Costa pensa la célèbre « Place des Trois pouvoirs » où l’on retrouve le Palais Présidentiel (Palácio do Planalto), le Congrès National (le Sénat et la Chambre des Députés étant côte à côte) et le Tribunal Fédéral Suprême, à proximité les uns des autres.

 

Le Congrès National Brésilien avec le Senat et la Chambre des Députés sous les coupoles

Il n’est également pas anodin de trouver tout près, l’imposante Cathédrale catholique de 4.000 places à l’architecture unique au monde, chef d’œuvre de Niemeyer. Celle-ci nous rappelle qu’au Brésil, la Religion forme elle aussi un pouvoir à part entière.

Pour la petite histoire, on rappellera que Lúcio Costa, né en France à Toulon, dit en parlant de la Place des Trois Pouvoirs qu’il souhaitait en faire une « Versailles » moderne, « non pas une Versailles de Rois, mais une Versailles du peuple« . Une chose est sûre, le Roi Soleil aurait certainement été impressionné par la splendeur de cette jeune capitale née de nulle part, symbole d’un Brésil qui prend l’avenir à bras-le-corps.

E.M.

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