A Mille Jours de la Coupe…


Dans un peu moins de mille jours le Brésil, la terre de Futebol par excellence, accueillera pour la deuxième fois de son histoire, la Coupe du Monde de Football. Si la première édition s’était soldée par un échec retentissant en finale contre le petit voisin Uruguayen, dans son stade mythique de Rio: le Maracanã, créé pour l’occasion, le Brésil espère que l’édition 2014 lui sourira davantage. Pourtant, la réalisation de cet évènement planétaire pose d’ors et déjà un certains nombre de problèmes et défis de taille à la nation auriverde, et nous ne parlons pas ici que du jeu de son équipe (lui aussi source de grands défis actuellement!).

Le grand défi des Infrastructures

Parlons des stades tout d’abord. Comme pour tout évènement sportif de cette ampleur, la création ou la rénovation des stades dans les délais est toujours source de problèmes et de multiples pressions intérieures aussi bien qu’extérieures. Lorsque la FIFA annonce en octobre 2007 que le Brésil accueillera l’évènement en 2014, la totalité des 12 villes hôtes ne disposent pas, en réalité, de stades conformes. Elles vont ainsi toutes devoir, soit entièrement rénover leurs infrastructures (pour 6 d’entre eux, comme le Maracanã de Rio qui date, nous l’avons dit, de 1950), soit les monter de toute pièce (c’est le cas des 6 autres, comme à Brasilia, Manaus en Amazonie ou à São Paulo)! Pour rassurer la FIFA et les journalistes du monde entier, la Présidente Dilma Rousseff, fait régulièrement des déclarations assurant que les travaux avancent et que tout sera prêt dans les temps. Rarement a-t-on vu un Chef d’Etat si engagé sur le sujet. Dans un souci de transparence, le site internet officiel de la Coupe 2014 affiche d’ailleurs en temps réel l’avancement des travaux en distribuant des cartons jaunes ou rouge lorsque les travaux d’un stade prennent du retard (http://www.copa2014.org.br/andamento-obras/). Des retards notamment dus à une série de grèves sur plusieurs chantiers comme celui du Maracanã justement ou du Stade Mineirão de Belo Horizonte.

L’autre grande polémique liée aux stades est celle du coût des travaux, régulièrement réévalué à la hausse et que beaucoup jugent démesuré; ce qui alimente bien évidemment les soupçons de corruption. Ainsi, le nouveau stade Itaquerão de São Paulo, qui servira ensuite à l’équipe paulista du Corinthians coutera 920 millions de réals (400 millions d’euros) pour 65.000 places. Les journalistes n’ont pas manqué de faire remarquer que c’était près de quatre fois le prix du nouveau stade de la Juventus de Turin inauguré en Septembre (105 millions d’euros pour 41.000 places) !

L’autre grand chantier de la préparation de cette coupe du monde est le transport aérien. La plupart des aéroports brésiliens ont en effet été construits avant la fin de la seconde guerre mondiale et sont souvent montrés du doigt, d’une part pour leur capacité limité (plusieurs d’entre eux sont déjà saturés en 2011 alors que le trafic aérien ne cesse d’augmenter), et d’autre part pour leur état assez vétuste et indigne du rang de 7ème puissance économique mondiale. Là aussi, les travaux à réaliser sont colossaux et leur avancée préoccupe les spécialistes.

Une « Loi Générale » pour  la Coupe du Monde 2014

Alors pour s’assurer de la bonne avancée des travaux et pour motiver les investissements publics et privés, le gouvernement brésilien cherche actuellement à faire voter une Loi Générale de la Coupe du Monde 2014. Celle-ci offrira donc un certain nombre d’exemptions d’impôts et de charges fiscales aux entreprises engagées, mais elle fixera aussi les grandes règles du déroulement de l’évènement en permettant par exemple aux villes-hôtes de déclarer férié les jours de matchs. Toutefois, en cherchant aussi à encadrer la répartition des droits TVs (qui atteignent des sommes astronomiques), ce projet de loi actuellement en discussion au congrès, s’est attiré les foudres d’une FIFA avare de son bien. Dilma Rousseff et son ministre des sports Orlando Silva étaient justement en Europe cette semaine pour tenter, entre autre, de désamorcer la polémique auprès de l’institution reine du football mondial.
On le voit donc, l’organisation de cette Coupe du Monde, que les brésiliens attendent bien évidemment avec impatience, est parsemée d’embûches et de nombreux défis. Mais c’est aussi pour le Brésil une occasion unique (avec les Jeux Olympiques de Rio en 2016) de montrer au Monde les progrès incontestables qu’a réalisé cette grande nation ces dernières décennies. Toutefois, ne nous méprenons pas, cette Coupe du Monde, au delà de toutes ses retombées économiques et médiatiques, ne sera un succès que si la Selecção (nom de l’équipe nationale) parvient à laver l’affront de 1950 en reprenant, à la maison, ce Graal qui lui échappe depuis 2002 !

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Une Réponse to “A Mille Jours de la Coupe…”

  1. Emmanuel M Favre-Nicolin Says:

    Oui le Brésil va construire ses stades à temps. Lorsqu’i l y a eu une grève des ouvriers de ces chantiers, le problème a été résolu en quelques jours para des négociations.

    Le gouvernement se comporte de manière totalement différent avec ses professeurs.

    Le gouvernement du parti de « travailleurs » intransigent avec ses professeurs grévistes

    Quelques mois après l’augmentation du salaire des députés brésiliens de 62%, le Brésil souffre d’une forte vague de grèves.
    D’autres évènement sont plus forts, comme les mouvements grévistes. La tendance actuelle du gouvernement est resoudre seulement les grèves qui impactent directement l’économie de marché, comme les fonctionnaires de banque, la poste (correio) ou les constructions liées à la Coupe du Monde de Foot qui pourrait avoir un impact international. La grève des professeurs fédéraux n’est pas considérées par le gouvernement du parti des travailleurs!

    Le mouvement de grève des professeurs e techniciens des instituts fédéraux a commencé depuis plus de 60 jours et le gouvernement ne négocie pas avec leur sindicat SINASEFE. Aucune proposition sérieus n’ayant éte faite jusqu’à maintenant. L’interlocuteur devrait être le secretaire du ministre des finances Duvanier Paiva Ferreira mais celui-ci ne reçoit pas les grévistes. Un comportement apparemment ilégal qui a surpris beaucoup de professeurs car le secretaire est un ancien lider syndical… Les professeurs demandent de corriger le nouveau plan de carrière des professeur qui a créé deux « castes » de professeurs, entre anciens et nouveaux professeurs. Pour certains professeurs, la différence de salaires corresponde à 400000 réals durant les dix premières années de carrière, soit atuellement, 170000 euros en dix ans!! Une différence inadmissibles qui a rendu le fonctionnement des instituts féderaux insoutenable. Une autre revendication est une correction salariale de 14% pour récupérer les pertes dues à l’inflation.

    Les instituts fédéraux englobent le fonctionnement des lycées techniques, licence de sciences, DEA e doctorat dans les domaines scientifiques et techniques.

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