L’Islam au Brésil, quel avenir ?


Depuis quelques années l’expansion de l’Islam à travers le monde intrigue. Mais qu’en est-il au Brésil, dans ce pays où l’effervescence
et le pluralisme religieux sont de mise ? Peut-on imaginer qu’à l’image des minorités évangéliques – qui en l’espace d’un demi-siècle sont passées d’1% à plus de 20% de la population – les musulmans pourraient bientôt constituer une importante minorité religieuse dans ce qui reste le premier pays catholique au monde ?

Quelle présence au Brésil ?

Implanté au Brésil à la fin du XIXème siècle par des communautés de migrants syro-libanais dans la région de São Paulo, le développement de l’Islam reste avant tout lié aux mouvements migratoires et à la croissance démographiques de ces populations pour la plupart issues du moyen-orient ou du maghreb. Si les conversions existent et ont même connu une certaine médiatisation au début des années 2000 – à la suite du 11 septembre 2001 – dans les favelas de grandes métropoles, elles restent aujourd’hui un épiphénomène dont il ne faut pas exagérer l’ampleur.

Le recensement de 2000 ne dénombrait ainsi « que » 27.239 musulmans (16.000 hommes pour 11.000 femmes) soit moins de 0,016% de la population et à peine 5.000 fidèles de plus qu’en 1991, soit une moyenne annuelle de 500 fidèles supplémentaires qui correspondraient vraisemblablement davantage à la natalité qu’à des conversions. Certaines entités musulmanes vont jusqu’à parler d’1,5 millions de fidèles, ce qui semble très largement exagéré comme le montre le nombre de mosquées, qui ne dépasserait pas la centaine. Il faut toutefois admettre que les recensements nationaux ont souvent tendance à sous-estimer la population des minorités religieuses (qui n’osent souvent pas admettre leur affiliation réelle devant les censeurs). Au final, on peut probablement se fier à l’estimation de la spécialiste Vitória Peres de Oliveira qui estime le nombre de musulmans au Brésil à environ 200.000. On sait par ailleurs que 40% environ de la population musulmane se situe dans la région de São Paulo. On compte aussi de nombreux musulmans dans la région controversée de la « Triple Frontière » à l’intersection du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay.

Une présence numérique et physique encore très faible donc et qui ne fait du coup l’objet d’aucune reconnaissance publique de la part des hommes politiques et de peu d’études académiques. Néanmoins, la communauté musulmane est bien présente sur internet et mobilise de plus en plus les moyens de communications pour gagner en visibilité (http://www.fambras.org.br/). Il est aussi intéressant de noter que le Brésil est entrain de se positionner comme l’un des principaux exportateur de viande halal dans le monde, renforçant ainsi ses liens commerciaux avec le monde arabo-musulman.

Quel avenir  pour l’Islam au Brésil ? 

Au sein d’un « marché religieux » particulièrement dense et concurrentiel, l’Islam parviendra-t-il à se faire une place ?

Feres Fares, l’un des grands diffuseurs de l’Islam au Brésil reste particulièrement optimiste. D’après lui, en l’espace de huit ans, le nombre de locaux à prières aurait été multiplié par quatre, passant de 32 en 2000, à 127 en 2008, et ce, dans l’ensemble du pays jusqu’en Amazonie. Culturel et limité aux populations d’origines arabe, Fares assure par ailleurs que l’Islam se répand de plus en plus auprès d’afro-brésiliens et de jeunes adeptes du mouvements hip-hop en quête d’identité, de rigueur et de « certitudes ».

Objet médiatique éphémère ou véritable phénomène religieux émergent ? L’Islam et son avenir restent encore un mystère dans ce qui reste le plus grand pays chrétien de l’hémisphère sud.

Eliott Mourier

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5 Réponses to “L’Islam au Brésil, quel avenir ?”

  1. Francis J. Says:

    Les recenseurs seraient-ils aussi des censeurs ?

  2. djamel Says:

    FAUX , l’islam n’est pas entré au bresil par le biais des immigrants arabo-musulmans mais bien avant ça grace aux esclaves noires dont certains etaient musulmans .

  3. emilio Says:

    En l’islam est arrivé au Bresil via l’esclavage ,de 20 à 25% des esclaves étaient musulmans on retrouve trace de l’islam dans la capoeira via les chants des ‘rodas’ certains esclaves musulmants surveillés les camps d’esclaves on les reconnaisait par leur language commun  » l’arabe » et leur priére.
    le pantalon blanc des capoeiristes est aussi dû à l’islam c’est  » l’abada ».Tout les vendredis les musulmans vétus de blanc aller à la mosqué les capoeiristes choisissent de se vétir de l abada pour son blanc et l’aisance du pantalon enfin en 1835 la révolte des ‘Malés » ,révolte de 1500 esclaves musulmans à Salvador de Bahia.

  4. serge Says:

    votre blog reste inactif pendant si longtemps… pourquoi donc? bonne année

  5. Charles Says:

    L’islam a toujours été extra-minoritaire et relève d’une culture très différente du reste des religions… vu la montée des évangélique, qui ne tolèrent même pas les anciens syncrétismes comme Umbanda ou Candomblé, il semble bien illusoire de penser que la part de l’islam va augmenter en flèche…

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