Posts Tagged ‘Code Forestier’

Le sommet Rio+20 au secours d’une Amazonie en péril ?

juin 4, 2012

A quelques jours de la tenue de la conférence des Nations Unies Rio+20 sur le Développement durable (20-22 juin), je vous propose la lecture d’un article que j’ai rédigé pour le site d’information Atlantico.

Sous fond de tensions entre le lobby environnementaliste et celui de l’agro-industrie, le Brésil doit jongler entre son souci de faire bonne figure sur le plan écologique et son processus inéluctable de développement économique.

La suite ici…

Les enjeux du « Nouveau Code Forestier »

septembre 22, 2011

En 1992 avait lieu à Rio de Janeiro le « Sommet de la Terre », une conférence mondiale qui allait marquer le début d’une véritable mobilisation des Nations Unies sur les questions d’environnement. L’an prochain, pour célébrer les vingt ans de cette conférence à succès, les Nations Unies se retrouveront une fois de plus dans la capitale carioca et le monde aura de nouveau les yeux rivés sur un Brésil qui, bon gré mal gré, symbolise ce « monde vert » que l’ONU appelle de ses vœux.

C’est dans ce contexte qu’est actuellement discuté au parlement brésilien un nouveau « code forestier » (en portugais código florestal), sujet de nombreuses de polémiques que nous nous proposons de présenter ici brièvement.

Créé en 1934, puis révisé une première fois en 1965 ce code fixe les directives nationales en matière de zones naturelles protégées (ce qui actuellement est le cas pour 80% de la forêt amazonienne), de lutte contre la déforestation, ou encore de préservation de la biodiversité. Mais si les directives imposées par le code sont particulièrement ambitieuses, son application véritable ne date en réalité que d’une quinzaine d’années. Auparavant, les grands exploitants agricoles n’étaient pas réellement contraints par cette législation et opéraient selon leur bon vouloir, au grand dam des milieux écologistes. C’est ainsi que dans les années 1990, en moyenne 20.000 km carrés de forêts (avec un record de 29.000 en1995, soit quasiment l’équivalent de la Belgique!) étaient annuellement détruits pour servir de prés pour le bétail ou pour de nouvelles cultures particulièrement rentables comme le soja.

Avec ses 5,5 millions de Km² (soit 10 fois la superficie de la France), l’Amazonie est considérée comme le « poumon vert » de la Planète…

Mais depuis le début des années 2000, la donne a changé et le code forestier, longtemps laissé de côté a commencé à être plus rigoureusement appliqué (la superficie déforestée chaque année à ainsi été réduite par trois), pour le plus grand regret des exploitants agricoles. Mais ainsi lésés, ces derniers n’allaient pas tarder à riposter en proposant un nouveau code, plus à leur avantage. C’est cette proposition de loi qui circule actuellement au parlement brésilien et qui suscite de vives controverses entre partisans d’une agriculture intensive et défenseurs d’une économie « verte ».

Car ce projet, qui prévoit notamment de réduire la superficie des zones protégées (de 80% à 50% de la forêt), est considéré par les écologistes comme une véritable « loi d’amnistie des crimes environnementaux », susceptible de faire resurgir le sentiment d’impunité qui prévalait auparavant. L’observatoire du climat estime lui que l’adoption de ce code forestier « pro-agrobusiness » (défendu par les gros producteurs, mais aussi par les petits exploitants qui constituent ce que l’on appelle au Brésil l’agriculture familiale et qui luttent pour la réforme agraire), causerait des dommages irréversibles avec une augmentation sans précédent des émissions de gaz à effet de serre. D’autres experts considèrent que ce nouveau code engendrera une recrudescence de l’occupation des zones à risques, susceptibles de subir des glissements de terrains meurtriers comme lors de la catastrophe de Térésopolis, qui en janvier 2011 près de Rio justement, provoqua la mort de 548 personnes.

Si la législation environnementale brésilienne est aujourd’hui considérée comme l’une des plus avancées et des plus audacieuses dans le monde, son avenir semble aujourd’hui plus compromis que jamais. De fait, et alors que le vote de ce nouveau code forestier doit avoir lieu dans les tout prochains jours, la lutte entre « Production » et « Préservation » pourrait bien tourner à l’avantage du premier. De mauvaise augure pour le prochain « Sommet de la Terre »…